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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 04:42
ARWS en Suède

Reprise (enfin) de la compét et du raid aventure. Après les annulations du RIF et de la Colombie, on se décide à partir pour la Suède.... 4e, un résultat décevant sur le papier, mais le tracé plat et très technique en orientation ne nous permettait pas de rivaliser avec les Estoniens et les Suédois.... et les 185 km de kayak ne nous ont laissé aucun espoir ...🤣... quelques semaines d entraînement ne peuvent pas nous mettre au niveau... Mais c était une chouette aventure : des îles magnifiques, des couchers de soleil romantiques qui durent des heures avec 3 gaillards costauds🤩, des lichens et de la mousse pour s allonger (2 fois 1h, de préférence sur un sol bien dur 😉) et des marais dans lesquels il est délicieux de plonger, encore accrochée au VTT 🤮...

ARWS en Suède
ARWS en Suède
ARWS en Suède
ARWS en Suède
ARWS en Suède

Compte-Rendu de Seb Raichon :

 

Pour les amateurs, voici un compte rendu assez détaillé de notre aventure suédoise:
Après les projets avortés Lesotho, Colombie et Raid in France de cette première partie de l’année qui nécessitaient une préparation plutôt montagne comme on les aime, nous avons finalement participé à cette manche du circuit ARWS en Suède organisée de main de maitre par l’équipe de Staffan Bjorklund ( Nordic Islands adventure race). A un mois du départ, changement d’entrainement, terminé le dénivelé. A fond vélo de route, course sur le plat et kayak à gogo… C’est pas parce qu’on est numéro 1 mondial qu’il faut éviter les remises en question 😊
Un des objectifs de l’année pour notre équipe est d’intégrer des jeunes dans notre team afin de transmettre petit à petit notre savoir faire et de les lancer dans le grand bain entourés et rassurés. Avant les frères Bajard sur Sudraid, c’est Adrien Grataloup, 21 ans qui passe lui aussi du projet Colombien montagneux au grand plat suédois. Qu’à cela ne tienne, il est chaud et partant pour relever le défi.
Après un vol et une préparation sur place sans soucis pour une fois, nous voici enfin sur la ligne de départ d’un grand raid ARWS. Peu d’équipe sur la ligne mais du beau monde avec les Estoniens et les Suédois Orbital (ex Silva, 2ème devant nous aux derniers mondiaux 2018) et Safat (triple vainqueur de l’épreuve).
Jour 1 samedi 11h: 24H à fond
Départ dans Stockholm en même temps que le raid format 24H. 4 petites co urbaines à thème en papillon. Sur la 1ère, nous portons un bidon de 20 litres pour soutenir l’association Wateraid. Romu et Adrien nos hommes forts se partagent le boulot, Cela nous permet de nous échauffer en douceur, enfin pas vraiment car Sandrine se fait une élongation à l’ischio dès les premières foulées… Une autre co plus classique puis une autre avec une descente en rappel d’un immeuble et une dernière dans un grand parking. Incroyable mais vrai, nous terminons en même temps ou presque que les 3 autres équipes favorites après plus d’1h de course alors qu’on ne les a pas fait dans le même ordre. Du coup après une transition express, nous partons pour une liaison de 4km à vtt pour quitter la ville et rejoindre les forêts. Nous débutons donc à 16 la 1ère vraie co suédoise du raid de 12km. La carte IOF est sur un cube à 6 faces, déjà que la carte et le tracé sont complexes, à chaque changement de face, le nord change et la liaison n’est pas évidente ! Sandrine avec sa blessure peine à suivre. On se rend compte très vite que nos adversaires ont des orienteurs de haut niveau dans leur team et qu’ils courent très vite… On termine malgré tout proche d’eux cette première belle section nature sous un grand soleil et une température très élevée pour le pays !
Nous enchainons ensuite par un grand vtt’o de 5Okm sur des cartes très précises à l’échelle 20000. On fait un excellent départ et suite à des bons choix et un bon rythme, on rattrape au bout d’1 petite heure les équipes devant nous et c’est donc de nouveau de concert à 4 équipes que nous poursuivons ce beau vtt technique par moment. Parfois nous faisons des choix différents qui s’avèrent identiques en temps. Et puis à mi-chemin les ennuis commencent, le dérailleur de Sandrine dysfonctionne et Romu prend 5 mn pour le remettre en état, de nouveau en chasse, on se fait bloquer par un passage à niveau, puis sur un sentier bien technique, mon pneu se coupe sur le côté et le produit anti-crevaison ne colmate pas. Après plusieurs essais, on bricole un pansement avec du scotch et cela tient mais on n’est plus dans la course et une erreur d’approche d’une balise nous ajoute 15mn de plus de retard. On ne reverra plus nos 3 équipes Suédoises et Estoniennes, Snif !
De retour en ville, nous embarquons non sans mal pour notre première section kayak de mer. 33km pour débuter. Adrien perd ses lunettes et nous perdons nos bras également lors de 2 portages bien pénibles au début car les bateaux sont bien lourds. Lourds mais rapides malgré tout. Nos deux embarcations ne vont pas à la même vitesse et on se longe avec un élastique. On sort de la ville et entrons dans l’archipel de 27000 iles ! C’est très beau, certaines sont désertes et d’autres abritent de magnifiques petites maisons suédoises colorées. Nous débarquons en fin de soirée sur une grande île pour aller chercher à pied 2 balises dans une sublime nature sauvage constituée de forêt espacée, de roche, de lichens. L’orientation n’est pas évidente mais on retrouve sur le sommet Lars notre sympathique arbitre qui contrôle le matériel obligatoire. Nous avons allumé nos frontales pour la première fois vers 23h mais sur l’eau c’est inutile car la nuit est peu sombre. Après cette petite escapade bien sympa, nous reprenons pour un court instant nos kayaks. Il nous reste alors pour terminer cette première étape de 24h, un trail’o de 37km avec des surprises.
Nous sommes très chargés pour ce petit marathon car nous devons transportés nos pagaies et gilets de sauvetage. Nous arrivons rapidement sur le spot spéléo rappel. La spéléo est un enchaînement d’étroitures complexes où l’on est bien content d’avoir la ligne !!! Puis un petit rappel de 40m sans intérêt majeur pour en sortir. La surprise n’est pas terminée puisqu’on doit ensuite traverser un bras de mer sur un matelas gonflable. Rafraîchissant !
Le jour se lève déjà pour la suite et fin de cette première partie de raid. On retrouve de l’orientation classique raid avec des cartes peu détaillées. On gère bien nos azimuts dans ses forêts très pénétrables, on fait preuve de flair dans l’ensemble et malgré un petit fléchissement physique sur la fin, on boucle ce premier « raid 24h « en 20h environ comme prévu vers 7h du matin. Sauf que nos adversaires principaux sont déjà entre 45mn et 2h devant nous. Oups !
Du coup nous avons droit à un repos gratuit avant la reprise de la course dans l’après-midi.
Jour 2 dimanche: couleurs arc en ciel sur la baltique
L’organisation nous transporte en bateau ultra rapide sur le lieu de départ, c’est fun d’autant que Staffan prend les commandes. Sauts et slalom à 90kmh, la récréation !
Puis c’est le départ en chasse à 14h30 pour les Estoniens en tête, 16h30 pour nous, toujours sous le soleil et une température incroyable. On commence par une co suédoise ultra technique de 24km entrecoupée de liaison beaucoup plus roulante. Du jamais vu en raid ARWS. Toujours chargé de nos pagaies et gilets, on gère plutôt bien mais je sens que notre vitesse de déplacement n’est pas aussi rapide qu’il le faudrait, Romu est très bon sur la lecture des micros reliefs et nous limitons la casse. Nous traversons de nouveau un bras sur des matelas gonflables et terminons à la nuit tombante cette nouvelle section.
Commence alors le terrible enchainement Kayak de mer, petit trek, kayak de mer. Nous recevons l’unique carte de la partie kayak. 4m de long !!!! Nous débutons par une petite partie de 17km seulement. C’est la nuit(4h seulement), sorte de soleil de minuit d’abord, puis pénombre puis des couleurs flamboyantes sur une mer d’huile pour le long lever du jour .Turquoise, rose, violet, la mer baltique est un grand tableau qui nous subjugue. Le spectacle est saisissant au milieu de cette multitude d’ilots. Un des plus beaux que nous ayons vu lors d’un raid. A jamais dans nos mémoires. Adrien commence à chanter et on reprend tous en cœur.
Nous hésitons quelque peu sur une ile à la recherche d’une balise que nous trouvons mais sans boitier. Nous en cherchons une autre pour finalement comprendre que l’orga a posé il y a bien longtemps les balises du kayak à l’abris du vent et avec une lettre à reporter. Nous atteignons ensuite l’ile de Sandhamn pour une petite co costering de 9km très jolie et ressourçante.
Jour 3 lundi : 135km de kayak de mer
C’est le moment d’attaquer le Monster Kayak de 68km. On a bien mangé et on est d’attaque pour ce gros morceau. Toujours seul sur la Baltique, on commence par un long azimut accompagné par un bateau de photographe. On voit au loin sur la droite une équipe mais trop sûr de nous on poursuit dans la même direction, et on s’offre une petite engueulade et une boucle gratuite d’1H avant enfin de se recaler et de trouver la balise. Il faudrait pas non plus qu’Adrien pense qu’un raid est toujours un long fleuve tranquille 😊. Du coup on repart direction sud sud-ouest pour un long cheminement où il est indispensable de garder le contact avec la carte. Le vent se lève et gène un peu notre progression directe. On choisit souvent de s’abriter quitte à allonger un peu la distance. Ce qui a de quoi alimenter nos débats. Adrien est courageux malgré la difficulté de l’effort répétitif. Il teste la sieste flash de 3mn et trouve cela formidable. L’organisation pousse le bouchon jusqu’à choisir des mini ilots au milieu d’autres pour placer les balises cachées à l’abris… Du coup rien n’est facile. On rattrape enfin une équipe mais seulement une équipe qui ne fait pas l’intégralité du parcours. C’est tout de même bien agréable de discuter avec eux vite fait. Le vent est vraiment fort et on se dit que comparé à nos adversaires, on a des conditions bien plus difficiles et l’écart va grandement se creuser. On est plus dans la même course c’est certain ! Tant pis on reste dans notre course et on atteint en début d’après-midi l’ile d’Uto pour un trek de 30km histoire de se changer les idées après quelques 12h de kayak non-stop.
Il fait très chaud et on passe par une petite alimentation faire le plein de boissons et s’offrir une glace. Le tracé de cette section est à 2 visages, une longue ligne droite sur une grosse piste en plein cagnard à faire 2 fois pour rejoindre les extrémités de l’ile où un magnifique sentier technique nous permet d’atteindre les balises, moyennant un ou deux azimuts tout de même. On a chacun nos ptits coups de moins bien mais on rattrape une nouvelle équipe sur le parcours light. On réalise un bon temps dans l’ensemble sur cette section et nous repartons pour de nouveau 65km de kayak entrecoupé de 7km de vélo.
La nuit est tombée, on est peu efficace, on s’endort et on choisit de trouver un lieu pour dormir 2h. On choisit le même endroit que le team Jokab qui a écourté le trek d’avant et qui se retrouve encore devant nous. On pose notre bivy bag dans l’herbe ou sur une planche de surf qui traine là. Au bout d’1h à peine, la pluie se met à tomber et nous oblige à repartir dans le gaz dans nos combinaisons de peintre toujours autant appréciées.
Mais alors on avance à 2kmh, on n’est pas dedans et il va nous falloir une bonne heure et une grande traversée sous escorte pour retrouver nos esprits, quoique… Je multiplie les siestes flashs pour retrouver un semblant d’énergie. La section est bien difficile. On arrive enfin sur l’ile d’Oja pour une petite récréation. Nous devons traverser l’ile en aller-retour sur des vélos de locations type hollandais. C’est très rigolo d’autant qu’on a l’étrange impression que ça descend toujours sur cette île !
Allez plus que 34km de mer, on repart plutôt mieux mais le vent nous gène encore…Adrien est solide et il ne se plaint que rarement et pas longtemps. Quel baptême du feu, à l’avenir les sections kayaks vont lui paraitre faciles. Nous débarquons dans l’après midi à Trosa et laissons définitivement nos kayaks ! Ouf.
Jour 4 mardi : 210km de vtt !
Le ravitaillement de l’organisation est un bon réconfort, on enchaine de suite sur une co ordre libre encore bien difficile où l’on perd pas mal de temps. Avec Romu, on se baigne sans le vouloir dans un marais nauséabond qui laissera des traces odorantes un moment !
Et nous voici enfin à l’attaque de la dernière section vtt de 210km, oui 210km ! Un record en la matière pour nous ou presque. Que ça fait du bien de monter sur notre selle abandonnée depuis si longtemps. Les cartes au 40000 sont supers précises et offre un bonheur d’orientation. Romu gère de nouveau le dérailleur de la miss et on attaque, on enchaine assez vite les postes. Alternance de sentiers très techniques et de pistes roulantes. Les paysages sont beaux et variés. Les heures passent à vive allure. La nuit tombe et le sommeil gagne Sandrine, Adrien lui fait la conversation mais ne peut l’empêcher de s’endormir et de plonger la tête la 1ère dans un marais dont elle ressort indemne et éveillée 😊. Romu ayant perdu la connexion entre son cerveau et son corps, on décide malgré tout de s’offrir une sieste d’1H en ville dans un garage à vélo peu au goût d’Adrien qui découvre les stops dodo dans des lieux secs mais improbables !
Personne n’entend les 2 réveils alors on prolonge un peu quand mon horloge interne se met à sonner. Après une remise en route, on poursuit à bonne allure toujours dans l’alternance des sentiers où l’on pousse parfois et des chemins plus roulants. Tracer un 210km qui ne parait pas monotone, voilà un bel exploit de l’organisation. Vers 8h ce mercredi, le mauvais temps se pointe et on prend beaucoup d’eau sur la tête pour les 3 dernières heures. Une chaine cassée, une nouvelle réparation de mon pneu, on n’aura pas été épargné par les ennuis mécaniques.
Après une très bonne dernière partie très humide où on aura eu parfois de l’eau jusqu’aux cuisses, on franchit la ligne un peu après 11H en 4ème position sans surprise après 96 de course. Nos adversaires sont arrivés durant la nuit, Safat en 1er une nouvelle fois. Fiers de lui, on porte sur nos épaules notre bizuth Adrien. Il aura montré durant ces 4 jours une grande force physique et surtout mentale. Ce petit a tout pour s’épanouir dans les grands raids. Il a tout pour y être très performant à l’avenir. De plus il chante et danse très bien, ce qui nous a permis de gagner haut la main de la soirée dansante de clôture !
Ce raid était extrêmement bien organisé, très bien tracé, difficile, exigeant, intéressant et la météo quasi idyllique nous a permit d’apprécier ce grand archipel. Bon comme prévu, ce terrain de jeu n’était pas le nôtre et la performance a fait défaut mais on pense que cela nous sera bien utile en Ecosse et surtout en Espagne pour les championnats du monde sur un terrain plus montagneux…
Un grand merci à Staffan Bjorklund ainsi qu’à toute son équipe. Aller faire ce raid ! c’est l’assurance d’une découverte magnifique et d’une organisation sans faille.
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